Vendredi 10 septembre

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La fatigue de la rentrée a eu la gentillesse d’attendre cette fin de semaine pour me retomber dessus. Même après quatorze ans de métier, les symptômes reviennent, invariables : les jambes raides, la voix éraillée, et une purée de pois cassés au fromage fondu dans la cervelle.

Une réussite toutefois : je suis parvenu à maîtriser le temps. Oui, je sais, dis comme ça ça va totalement prétentieux ou tiré d’un épisode de Doctor Who. Ce que je veux dire par là est que certaines années, j’ai la sensation de ne pouvoir que bosser. Tandis que d’autres, j’arrive à multiplier les activités. “Le temps, je le prends.” ai-je sorti, un poil bravache, à un collègue. C’est un fait. Je dors un peu moins, je me donne un coup de pied au derrière pour sortir du canapé, je ferme mon navigateur internet. Ce n’est pas une question de coaching de vie ou je ne sais quel autre produit promotionnel d’influenceur : avoir totalement changé de milieu professionnel m’a donné un surcroît d’énergie. Même si la fatigue est présente, quelque chose en moi me pousse à la combattre. Quelque chose qui jubile à l’idée de faire cours à des lycéens, à tenter de nouveaux trucs, à établir des rapports prof-élèves différents avec ces êtres plus âgés.

C’est aussi l’une des raisons qui me poussent à continuer à aimer ce boulot : il me tient en déséquilibre. Dans la glace, ce n’est plus tout à fait la même tête. La façon de s’habiller a un peu changé aussi. Mêmes vêtements, autre attitude. Pour quelqu’un qui ne s’aime pas trop, c’est un sacré cadeau, que de pouvoir se métamorphoser ainsi. Ça vaut bien la fatigue.

Jeudi 9 septembre

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Le jeudi sera donc ma journée marathon, celle de sept heures, qui te laisse les yeux éclatés, la voix en berne et le cerveau perdu quelque part entre la galaxie d’Andromède et le palais d’Azathoth.

Et ce jeudi-là, précisément, a également été celui où j’ai commencé à être vraiment prof de Première. Niveau que je redoutais par-dessus tout après mon expérience de l’année dernière, trois semaines en fin d’année, à quelques encâblures du bac, et où l’ambiance était… peu sereine, dirons-nous.

Deux heures avec les Premières Leviator, et deux autres avec les Tritox.

La première session n’est pas sans rappeler mes cours de collège. Moins au niveau de la gestion de classe qu’il me faut dépenser l’équivalent en énergie d’un décollage de fusée pour réussir à gérer les plus enthousiastes – lire : bruyants – d’entre eux, embarquer les plus paumés et réussir à maintenir un semblant de structure pendant cent-vingt minutes. J’ai l’impression de surfer sur une vague californienne et m’attend à me casser la margoulette d’une seconde à l’autre. Et heureusement, le fragile édifice tient le coup. Je passe pas mal de temps à insister pour qu’ils notent, tente quelques blagues, enchaîne sur une activité bien costaud. Ils commencent à suivre. Moi à comprendre leur rythme. Quand leur laisser un peu d’air, quand au contraire refuser les bavardages. On se marche encore sur les pieds, mais la danse a l’air possible.

L’après-midi, les Tritox se lancent dans les prémisses de la canonique explication de texte linéaire. Trois élèves par groupe, à arpenter les mots de Jean Anouilh, à déterrer les procédés de style, à essayer de comprendre où mènent les mots du dramaturge. Et encore une fois, ça se passe bien. Énorme moment de soulagement. Sous mon crâne, un petit Samovar qui se mord la langue pour ne pas aller de groupe en groupe : “Ça se passe bien alors ? Je suis content que ça se passe bien. Parce que je pensais pas que ça se passerait bien. Je suis tout nouveau en lycée, alors j’ai peur, vous comprenez et…”
Et tais-toi, tout petit Samovar. Il ne s’agit pas, en cet après-midi étouffant, de soigner ton ego en cristal, mais de leur donner les premiers outils. Ne gâche pas ce moment où, vraiment, tu les sens progresser.

Je suis prof de Première. Aujourd’hui, mes élèves ont fait deux-trois pas. Et bon sang qu’est-ce qu’ils m’ont appris.

Mercredi 8 septembre

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À la liste de mes nombreux défauts, il convient d’inscrire celui-là parmi les premiers : je suis très désorganisé quand j’enseigne la grammaire. En règle générale, je me perds tellement facilement dans des études de textes, des lectures d’œuvres, des projets d’écriture et j’en passe, que l’étude plus technique du français se retrouve souvent prise en sandwich entre une déclamation de poèmes et un examen blanc que j’aurai passé trois jours à peaufiner.

Pas cette année. Cette année je serai rigoureux, propre, irréprochable. J’instaure donc le canonique exercice de la phrase du jour consistant, en début de cours, à analyser différents aspects d’une phrase, justement, afin de revoir diverses notions.

Je me prépare très fort à ne pas laisser l’ennui et l’inquiétude transparaître sur mon visage (il y aura TOUJOURS l’élève qui posera la question sur la notion que tu maîtrises moins que les autres), tandis que les secondes Azumarill planchent sur une conjonction de subordination et du conditionnel passé. (Je sais, je dois réveiller un bon paquet de traumatismes chez certains d’entre vous).

Mais c’est un chouette moment. C’est un chouette moment parce qu’ils sont tout perdu et qu’ils osent le dire. Ce petit mot “si”, ils le traînent depuis des années et ne parviennent toujours pas à en faire quoi que ce soit. La litanie des “maisouetdoncornicar” est une formule magique qui n’a jamais vraiment fonctionné. Et ça les gonfle.

J’ai tendance à dire que l’orthographe et la conjugaison sont souvent une question de maturité. Au bout d’un moment, on finit par assimiler les règles tout simplement parce qu’une opération mystérieuse s’est opérée dans le cerveau. Mais peut-être aussi y a-t-il un peu moins d’appréhension. Les lycéens écoutent et posent des questions à la fois plus poussées et plus naïves que les collégiens. Des questions qui me laissent le temps de réfléchir, de structurer ma pensée, moi le grand amateur de “eeeeuh alors en fait jeeee eeeeuh… Enfin comme vous dire çaaaaaa….”

Ça nous prend un peu trop de temps, c’est la première fois qu’on s’entraîne ainsi. Mais lorsque l’activité se termine, je les remarque moins mutiques, moins tendus que lors des deux heures précédentes.

Si on m’avait dit que la grammaire pouvait ouvrir des portes…

Mardi 7 septembre

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Voilà, je les ai tous rencontrés. Tous les élèves que je verrai, entre trois et cinq heures par semaine, pendant trois mois. Et déjà les habitudes s’installent. Contrairement à ce que prévoyais, le plan du lycée Gallia s’est instantanément gravé sous mon crâne. Je parcours la ligne droite qui mène de la salle des profs jusqu’à “ma” salle, privilège que je retrouve pour la première fois depuis sept ans et mon départ du collège Crimea. Je m’arrête parfois pour écouter l’élève qui se sera installé au piano. Ils ont installé un vieux piano un peu désaccordé dans l’espèce d’atrium, et c’est une chouette idée.

Je commence à repérer quelques noms. Ceux des élèves qui participent beaucoup, forcément. Ceux que j’ai eu à reprendre. Ceux que je remarque parce qu’ils ont un classeur jaune ou les ongles artistiquement faits.

La chute s’est brutalement arrêtée, et désormais, les pièces du puzzle se mettent en place. Le lycée Gallia n’est plus un endroit dans lequel je dérive en étranger. J’y suis vraiment prof.

Soulagement.

Lundi 6 septembre

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Bon. À un moment ça va bien de lanterner, de s’imaginer des scénarios, d’explorer un lycée vide, mais il faut y aller. Par exemple un lundi 6 septembre. Premier vrai jour de cours.

Du fait d’embouteillages persistants, j’arrive à 7h50 au lycée. Les cours commençant à 8h15, cela correspond sur mon fuseau horaire personnel à un retard épouvantable, je n’ai donc pas encore posé le pied dans le bahut que je suis déjà transpirant, tremblant, balbutiant des incongruités, un vrai film de David Lynch à lui tout seul, le Samovar.

Je tente de me recomposer une tête à peu près crédible – vaste défi – tandis qu’entrent les Secondes Azumarill. Et là, c’est comme à chaque début de course à pieds. Une première foulée, bonjour, une deuxième, asseyez-vous, une troisième, bienvenue. Tu ne pensais pas que tu en étais capable, ton esprit raidi et terrifié. Et c’est ton corps, ton corps, toujours, qui se lance, qui fait les premiers gestes, sans crainte. Et la tête suit. Une petite présentation, quelques questions. Je tente de capter leurs regards. La plus grande partie a dans les yeux cette espèce de circonspection un peu tétanisée de n’importe quel élève découvrant un prof en début d’année. Le grand processus d’observation a commencé et je sais parfaitement que le moindre geste LE MOINDRE GESTE (oui, comme ce marqueur que tu viens de faire tomber, bravo) va être scanné, analysé, et contribuer à déterminer le comportement que les élèves auront par rapport à toi en ce début d’année.
C’est donc avec la décontraction d’un lapereau dans la cage d’un boa constrictor que j’entame le premier cours. Et mon sens de prof vétéran – à moins qu’il ne s’agisse de mon indécrottable naïveté – se détend : le courant passe. Quelques-uns osent participer, quelques questions et remarques structurent l’espace, il y a des sourires et beaucoup d’attention. Un premier cours doux et serein. Bien sûr, un premier cours, ça n’est pas grand-chose, quel que soit le bilan. Mais ça donne confiance.

Confiance qui se prend, comme de juste, un gigantesque coup de pelle à l’heure suivante, avec les secondes Volcanion. Qui annoncent tout de suite la couleur en tentant de changer le plan de classe demandé par leur professeur principal et me forcent à moduler délicatement ma voix genre chanteur de trash metal tandis que je fais l’appel. J’applique donc l’ancestrale technique qui ne m’a jamais trahie dans la gestion de classe : je boude. Avec beaucoup de conviction. Jusqu’à ce que de petites voix présentent leurs excuses et me demandent de continuer.
Le reste de la séance sera à l’avenant : je reste constamment sur le qui-vive pour éviter les rires et les gestes de la main vers les portables. Je retrouve les réflexes de gestion de classe de la quatrième Akwakwak, les anciens se rappellent… Autant dire que l’utopie du prof de lycée plantant les graines du savoir devant un parterre d’angelots captivés se prend du plomb de douze dans l’aile et finit en chute libre au-dessus d’un lac rempli de crocodiles. Mais c’est le jeu. Et l’occasion de ne pas laisser rouiller les compétences assimilées durant six ans à Ylisse.

Immense pause de midi avant de retrouver les mêmes élèves. Je découvre les collègues, rencontre avant certains, conversations avec d’autres, déjà familiers. On parle de New York et de la Vendée, de ragondins, de pâté et de la beauté de notre relation au texte.

Ce sont comme des racines qui commencent à s’ancrer dans le sol. Des racines de remplaçant : s’attacher le plus possible pour repartir encore plus solide. Mais pour l’instant, ne pense pas au départ. Pour l’instant, profite du début de l’histoire. C’est souvent le plus beau.

Dimanche 5 septembre

Comme tous les dimanches de Prof en Scène, celui-ci sera consacré à autre chose que le boulot. De la musique, de la littérature, du cinéma, des jeux vidéo…

Et on commence avec les toujours classes GoGo Penguin…

Samedi 4 septembre

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J’ai pas mal repensé ma garde-robe, ces derniers temps. J’ai acheté de nouvelles chemises, un blouson, des badges. Jusque là je ne portais pas de badge. Des masques colorés, aussi, et des chaussures qui le sont tout autant.

Autant d’accessoires pour invoquer ma persona. Dans le jeu vidéo japonais éponyme, les héros invoquent leur persona, une figure de l’inconscient collectif, afin de se battre contre des cauchemars incarnés. Si ce jeu résonne autant en moi, c’est qu’il a mis une histoire, aussi naïve soit-elle, sur ce que je fais quotidiennement : mettre un masque, semblable à moi-même et pourtant différent, pour faire face aux élèves. Parce qu’ils me renvoient, souvent sans s’en rendre compte, tout ce que je crains le plus : mes insécurités, mon manque de boulot, mes compromissions. Alors pour lutter, je grandis démesurément les quelques piliers sur lesquels reposent mon courage. Je l’ai déjà écrit plusieurs fois dans ce journal, et, cette année plus que les précédentes, je le ressens.

Parce que j’avance dans l’inconnu : malgré les conseils et les visages amicaux, je suis à nouveau novice. Dans mes cours, dans mes rapports avec ces collègues dont j’ignore tout, dans mon rapport à ces élèves qui ne sont, pour le moment, que des listes de prénoms que je parcours. Inutilement, d’ailleurs. Tant que je ne verrai pas leurs regards, qu’il n’y aura pas la musique d’une voix attachée à ces lettres, je serai incapable de retenir quoi que ce soit.

Alors je fais tourner entre mes doigts ce qu’il y a d’un peu concret : les classeurs impeccables dans lesquels j’ai rangé mes cours – ils resteront probablement impeccables jusqu’à la fin de la semaine prochaine – les colifichets que j’épinglerai sur mes vêtements, que je passerai à mes poignets, le carnet à griffonner tout ce qui importe.

Je suis à un moment d’angoisse et d’exaltation, à parts égales. Parce que j’ai beau être terrifié, il s’agit de ce moment de l’année où j’ai le privilège de choisir qui je serai. Pour trois mois. C’est ce qui m’a sauvé, les premières années de ma carrière, alors que je me noyais totalement dans les exigences d’un boulot que j’avais sous-estimé, bouffi que j’étais de toute la prétention possible : être quelqu’un d’autre. Le meilleur vecteur possible pour enseigner.

En ce moment, la voix synthétique de mon application de sport me dit l’une des plus grandes vérités du monde, pendant que je fais des abdominaux : “Cela ne doit pas être douloureux.” On pourrait appliquer ce précepte à 99% de l’existence.

Et pour que ce ne ce soit pas douloureux, pour pouvoir être ni tout à fait moi-même, ni tout à fait un autre, pour conjurer mes démons et surtout, surtout, pour rencontrer mes élèves, je reprends entre les mains ce masque, cette persona. Et je la réinvente, une année de plus.

Vendredi 3 septembre

Journée préparation de cours (j’ai un emploi du temps qui ressemble à une œuvre d’art contemporaine mais, au moins, je ne fais pas cours le vendredi) : conception du premier “vrai” chapitre de l’année en seconde avec l’étude de La machine infernale.

En première, j’entame également l’année avec la lecture du prologue d’Antigone.

Les mythes, toujours les mythes. Quelle que soit l’année, l’établissement ou les classes, on y revient, et pas seulement parce que le programme y invite. Les mythes me rassurent, en tant que prof. Ils me permettent de raconter des histoires, ce qui reste l’une des meilleures façons, pour moi, d’aborder des élèves. Ils sont toujours un terrain de connaissances communes. Tous les mômes ont entraperçu la sphinge, entendu parler d’Œdipe ou de quelque créature étrange, dissimulée dans les brumes de l’Antiquité.

Et puis surtout, il y a quelque chose d’immense dans ces textes. Je veux dire, tous les textes nous dépassent. Mais qu’il s’agisse des meurtres des Atrides, des métamorphoses de Circé ou des aventures de Psyché, le poids de ces histoires est toujours palpable. Je disais l’autre jour que si on arrivait à répondre aux questions essentielles que posent les mythes, si on arrivait à comprendre pourquoi, exactement, Orphée s’est retourné, alors on aurait la clé pour sauver l’humanité. Bien sûr, j’étais dans un délire lyrique, c’était approprié.

Mais quand même. À chaque nouvelle rentrée, j’ai l’impression que je n’y arriverai pas. Que ce boulot est trop immense, trop complexe, trop important pour moi.
Alors j’invoque les premières histoires ; et chaque année elles me portent.

Jeudi 2 septembre

Cher Emmanuel Macron, Monsieur le Président de la République française,

Merci de m’avoir rappelé que glandouiller sur internet entre deux préparations de cours est une mauvaise idée. Il faut dire que la journée s’y prêtait. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours la pulsion, le jour de la rentrée des classes, d’écouter et lire ce que le monde médiatique et politique raconte sur l’Éducation. Je n’attends pas de miracle, j’ai passé l’âge, et il manque plus de dents à mon idéalisme qu’à un boxeur professionnel. Mais je garde l’espoir que ce que je perçois au sujet des profs, des élèves, des personnels d’éducation, d’entretien ou d’administration n’est que le fruit d’une vaste incompréhension. Qu’au fond, tout le monde comprend parfaitement à quel point ce domaine est essentiel. Sérieux. Ça ne prend pas des masses de temps à prononcer, sérieux. Y a deux syllabes. Ça n’est pas bien compliqué, d’avoir l’air sérieux. Il paraît qu’être “trop sérieux” c’est un défaut.

Et puis voilà. Vous apparaissez sur nos écrans. Vous souhaitez bonne rentrée à tout le monde. Vous finissez par rendre hommage à Samuel Paty.

Le tout en tenant dans les mains un portrait de MacFly et Carlito.

Samuel Paty est un collègue qui s’est fait assassiner dans des circonstances qui ont mutilé l’Éducation Nationale. MacFly et Carlito deux YouTubers qui font des vidéos rigolotes et sont assez populaires pour être invités à l’Éysée et lancer des défis au président de la République. Le privilège des aristocrates de l’image.

Je n’ai vraiment, vraiment pas envie aujourd’hui qu’on me dise que c’est un détail. Que la communauté enseignante surréagit. Le gouvernement que vous avez formé a fondé la plus grande partie de son pouvoir sur l’image. Par des déplacements, des discours, des vidéos savamment maladroites, semblant obéir à l’adage : toute publicité est une bonne publicité. Et je sais parfaitement que ce billet en fait partie, de cette publicité. Mais c’est trop difficile. Trop difficile d’avoir dans le même plan, d’avoir sur le même plan, la présence d’un homme tué et celle, même pas assumée, avec ce cadre retourné, de deux comiques.

Ce que j’adore, lorsque j’enseigne le français, Monsieur le Président de la République, c’est lorsque je parviens à transmettre aux élèves que tout, dans une fiction, peut avoir un sens. En fonction du contexte, de la lecture que l’on en fait, des circonstances selon lesquelles on la dévoile. Et j’ai beau retourner cette vidéo d’une poignée de secondes dans tous les sens, le sens que j’en retire est épouvantable. Au mieux, il s’agit d’une maladresse folle. Une maladresse qui prouve à quel point tout ce que j’espérais avant de vous écouter est infondé. Au pire… Je n’ai pas vraiment envie de tirer de conclusions sur ce que l’on pourrait interpréter de pire sur cette intervention, mon cynisme n’a pas les épaules. L’un des seuls réconforts que j’arrive à invoquer aujourd’hui, est que cette image sera rapidement noyée sous un flot d’autres images, d’autres maladresses, d’autres blessures, infligées volontairement ou non.

Balancer un nom, balancer ce nom, comme ça, au milieu d’une opération de communication, n’est pas possible. Pas digne. J’espère en tout cas, que les élèves à qui nous enseignons s’en rendront compte. Pour eux, pour le monde dont ils hériteront. Et aussi pour Samuel Paty.