Mardi 6 juin

Cette année aura été idyllique, quant à mon rapport avec les élèves. Mais elle aura aussi connu son lot d’échecs. Bien entendu.

Et parmi eux, Nathanaël.

Nathanaël, avec qui ça aurait tellement pu coller. Un môme futé, vif et drôle. Qui comprend déjà qu’il existe une vie, une vie compliquée au-delà du collège. Je veux dire, qui le comprends vraiment. Un môme avec des failles larges comme le grand canyon. Totalement dysfonctionnel en classe.

Un môme comme j’en ai connu tellement à Grigny.

Et dont je n’ai pas pris le temps de m’occuper autant que je l’aurais dû. Il a été chouette. Il n’a pas mis le dawa en cours de français parce qu’il m’aime bien. Mais il n’a pas avancé non plus, a pas mal déconné et enquiquiné des camarades. Et je n’ai pas eu l’énergie, l’envie, la volonté, ou tout autre mot qui fait bien, de m’occuper de lui. J’ai juste géré ses débordements. Je n’ai pas pris le temps d’essayer de trouver une porte d’entrée dans son univers. Ai délégué cette tâche à d’autre, après tout, je n’étais pas son prof principal. L’excuse débile.

Je savais, pourtant, j’aurais pu.

Nathanael déconne de plus en plus, finit l’année n’importe comment. Et j’écrirai un truc nul dans son bulletin “L’année prochaine sera déterminante” ou un machin du genre.

On ne peut pas toujours y arriver.

Mais ça fait chier.

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