Vendredi 10 octobre

Fin de la première période. La fatigue se fait sentir, pour tout le monde.

Pour les cinquièmes, qui commencent à tomber dans les travers que j’avais cru pouvoir esquiver en ce début d’année. Les tests de l’autorité, les ricanements, les petites bêtises comme enlever ses chaussures ou balancer des bouts de gomme. Les cahiers, malgré ma vigilance, commencent à partir en vrille.

Pour les quatrièmes, qui s’enferment peu à peu dans un silence résigné. L’enthousiasme des débuts s’est étiolé. Corollaire, je me retrouve à faire le guignol de plus en plus frénétiquement, pour éveiller leur intérêt. Mais je sens que mes réserves aussi s’épuisent. D’énergie, de gentillesse, d’enthousiasme. Et dans ces moments, j’ai peur. J’ai peur que ce soit ça, l’état normal d’un collège. L’ennui et l’amertume, recouverts par un léger verni de repos, à la fin de chaque vacance.

Mais encore une fois, je choisis d’ignorer ce démon. Être prof, c’est aussi refuser d’entendre le doute.

Une réflexion sur “Vendredi 10 octobre

  1. Cher M. Samovar,

    Merci de mettre si souvent tes mots sensibles sur mes défis du moment. Des années maintenant que je te lis, et combien de fois tes textes ont résonné, aidé à traverser une période moins paillettes !

    Force et courage, patience et rigueur, et un peu de joie aussi pour le dernier tour de piste pré-vacances.

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