Mardi 20 octobre

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Salle de sport. Dix kilomètres, aujourd’hui dix kilomètres. Pour réveiller le corps abruti par un mois et demi à jouer au prof, pour secouer la fatigue qui tombe systématiquement sur les membres le premier week-end des vacances. Le tapis défile, bras et jambes maugréent. Cette année pour la première fois, l’épuisement ne m’est pas tombé dessus brutalement. Plutôt une sorte de brouillard dans lequel j’erre, un peu hébété. Dont je cherche la sortie.

Un kilomètre, deux. Les pensées s’allègent. Les images défilent, de plus en plus vite. La rentrée. La balade des nouveaux arrivants incrédules dans Ylisse. Les retrouvailles avec B. Les mômes, les premiers contacts. Les cours de latin, la peur et l’excitation. L. et T., les éclats de rires. Premières réunions, premières tensions. La musique de T. Les sanctions de W., à peine arrivé dans le bahut. La réforme du collège. Tous ces petits morceaux collectés, consignés entre ces lignes.

Pour le moment, je les laisse sur le côté du tapis. L’espace d’un instant, ne plus avoir pour préoccupation que ce corps qui souffle et craque, qui bouillonne et tente de négocier une pause à six kilomètres.

Descente, les genoux un peu tremblants. Discussion avec J., le coach. Qui me parle football, Fifa et pizzas. J’ai réussi à semer le prof pour quelques jours.

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