Jeudi 22 octobre

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C’était il y a un an et demi. J’avais écrit une lettre à Ellen Page. Parce que j’en avais besoin, parce que, malgré tous mes petits sourires, oui, ça m’avait touché cette nana qui faisait simplement son coming-out. Qui se servait de sa notoriété pour essayer – peut-être naïvement, peut-être à fonds perdus, on s’en fout – de faire avancer les choses.

Je lui avais écrit, à Ellen Page, que c’est la boule au ventre que, parfois, on évite les questions des élèves, qui approchent la zone rouge. La vie privée. Alors oui, il y aurait la solution la plus simple – la plus professionnelle ? – consistant à imposer une fin de non-recevoir. “Ça ne vous regarde pas.” Tout simplement. Mais je n’ai jamais pu. 

Je n’ai jamais pu à cause du môme de quatorze ans et de ce rire qui racle la gorge dans ce petit collège breton. Parce qu’il faut rire avec les autres. Parce que la phrase se termine par “enculé”. Je n’ai jamais pu parce que Mme H., en cinquième, qui parle de ses voyages en famille. Elle aurait pu choisir de ne pas le faire. Mais la possibilité lui était ouverte, sans qu’elle ait à se torturer l’esprit.

Et finalement, je n’en peux plus un soir avec J., C. et toute la bande. Soirée comme une autre, la parole flotte. On parle boulot, du mien, parce qu’ils aiment bien parler de mon boulot. Et C. lâche comme ça que si ça se trouve, le môme qui se rend compte qu’il est homo, se rappellera peut-être de ce prof pour qui ça n’était pas un souci. 

C. dévie déjà sur autre chose. Ses études je crois. Sans se rendre compte qu’il a donné un grand coup dans la petite machine de mes tortures intérieures.

Ce n’est pas de moi dont il s’agit. J’ai passé la trentaine. Ces épreuves-là sont derrière moi, et s’en inventer d’autres n’a pas de sens. Mais eux sont là. Les cent chiards qui me défilent tous les ans sous les yeux. Et dont quelques-uns se rendront compte que oui, sans doute, leur sexualité n’est pas tout à fait comme celle de la majorité. Et ce sera sans doute difficile. Difficile a plein de visages, plein de dents : qui peuvent s’appeler famille, entourage, milieu social, religion. Et peut-être, juste peut-être, la chance est minime, risible, un sur cent de ceux-là se rappellera-t-il de “ce prof pour qui ça n’était pas un souci.” Et peut-être ce putain de truc qui fouaille dans les entrailles leur foutra-t-il la paix cinq minutes. 

Et puis il y a tous les autres. Tous les autres dont je ne veux pas laisser les visages devenir ces masques hostiles. Qui rient avec la foule. 

Pas de militantisme ou de grand discours. Reprendre les insultes homophobes, expliquer les mots. Et oui, c’est blessant. Qu’en savez-vous qu’il n’y a pas d’homosexuels dans cette classe, c’est écrit sur leur tête ? Ça se verrait ? Ça se voit sur ma tête ? Ben oui. Maintenant que j’ai expliqué on peut continuer ? Ça a pris une minute. Ça a demandé de la force. Mais ce môme, ce môme, ce môme qui peut-être. 

Peut-être est-ce de l’inconscience, peut-être vais-je un jour me maudire. Peut-être l’embryon de charisme qui a fini par pousser sur ma fonction de prof ne suffira-t-elle pas à protéger cette position. Mais j’ai assez dansé autour de mon éthique. 

Au milieu des mille petites compromissions de ce boulot, de l’âge adulte, il y en a que je ne laisse plus passer. Parce qu’Ellen Page était touchante, parce que C. a parlé un peu au hasard, parce que le môme de quatorze ans qui avait si mal de rire.

Mercredi 21 octobre

Chronique d’une mort annoncée, première lecture de vacances. Ça parle de tragédie, de lâcheté, de mort et de rire. Faut que les mômes lisent ça. 

Passage en bibliothèque. Je n’ai pas grandi. Derrière mon écran d’ordinateur, j’épie. La fille plongée dans sa thèse, montagne de livres et chaîne d’arpenteur, le mec en train de barboter dans des magazines d’économie aux sigles obscurs. Barbe et journaux de la semaine, il rattrape le temps. Se concentrer relève de la haute voltige devant tant de visages, de gestes, d’histoires potentielles. 

Avec un soupir je retourne à mes cours. Antigone. Les fantômes des catacombes romaines. Jin-Roh. Cette année, pas un cours que je ne fasse à contrecoeur. Privilège de l’expérience. 

On est le 21 octobre, pour la première fois de ma vie, j’ai réussi à écrire le texte d’une chanson en entier et à le faire lire. Suis fier comme un sixième qui aurait terminé sa première rédaction. 

Mardi 20 octobre

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Salle de sport. Dix kilomètres, aujourd’hui dix kilomètres. Pour réveiller le corps abruti par un mois et demi à jouer au prof, pour secouer la fatigue qui tombe systématiquement sur les membres le premier week-end des vacances. Le tapis défile, bras et jambes maugréent. Cette année pour la première fois, l’épuisement ne m’est pas tombé dessus brutalement. Plutôt une sorte de brouillard dans lequel j’erre, un peu hébété. Dont je cherche la sortie.

Un kilomètre, deux. Les pensées s’allègent. Les images défilent, de plus en plus vite. La rentrée. La balade des nouveaux arrivants incrédules dans Ylisse. Les retrouvailles avec B. Les mômes, les premiers contacts. Les cours de latin, la peur et l’excitation. L. et T., les éclats de rires. Premières réunions, premières tensions. La musique de T. Les sanctions de W., à peine arrivé dans le bahut. La réforme du collège. Tous ces petits morceaux collectés, consignés entre ces lignes.

Pour le moment, je les laisse sur le côté du tapis. L’espace d’un instant, ne plus avoir pour préoccupation que ce corps qui souffle et craque, qui bouillonne et tente de négocier une pause à six kilomètres.

Descente, les genoux un peu tremblants. Discussion avec J., le coach. Qui me parle football, Fifa et pizzas. J’ai réussi à semer le prof pour quelques jours.

Lundi 19 octobre

Journée formation à la réforme du collège. Les formateurs jouent leur rôle de formateur et tentent de vendre un projet clairement incomplet – je compte 29 occurences de la phrase “On va y revenir” et on y revient effectivement 6 fois – et les enseignants jouent leur rôle d’enseignant peu convaincus et dissipés, moi le premier. Sur 6 heures, 2 sont dignes d’intérêt, la réunionite dans toute sa splendeur. 

Sortie de réunion, on est trois profs de français, on discute, autour du grand thème “et si on était prof parce qu’on ne sait pas quoi faire d’autre ?” Finalement, qui sait quoi faire d’autre ? 

Dimanche 18 octobre

Et le dimanche on s’évade.

L’axiome qui veut qu’il suffise d’étudier une oeuvre pour en être dégoûtée ne s’applique pas à l’Antigone de Bauchau me concernant. Même après qu’elle soit devenue mon sujet de master.

Cette Antigone est la même, est une autre que celle qui se balade dans la mythologie. Henry Bauchau en a fait un personnage de roman, au sens propre du terme : un personnage qui erre, et qui cherche à exister, dans les quelques pages qui n’ont jamais été racontées par les grands tragédiens. 

Retraçant le parcours d’Antigone depuis son retour de Colonne jusqu’à sa mort, ces quelques centaines de pages parviennent l’exploit de montrer la transformation de la fille “qui n’est pas faite pour les grandes pensées” en créature mythologique.

Cette Antigone est déterminée et totalement incertaine, artiste et guérisseuse, perdue. Elle vit en Grèce Antique ; on pourrait la croiser à notre porte. 

Si ce roman m’a frappé à ce point, c’est qu’il est l’un des moins bavards que j’ai jamais lu. C’est l’histoire d’Antigone, de sa légende. Immense et anodine.

Samedi 17 octobre

C’est le début des vacances et je vais les passer une manette greffée à la main. Je vais les passer à jouer à la énième déclinaison d’une histoire interactive ultra convenue. Je vais les passer à explorer l’histoire semi-guidée d’une princesse très courageuse et d’un jeune homme naïf qui finiront par sauver le monde, même si dès fois, on se dira que non, non, ce n’est pas possible.

J’en ai besoin.

J’ai besoin de découvrir un monde nouveau mais qui s’explore comme les autres.

J’ai besoin de personnages aux noms différents mais que je retrouve comme de vieille connaissances.

J’ai besoin de trouver l’esthétique des héros douteuse mais rassurante.

J’ai besoin de me battre contre les éternels loups, ogres et sorcières, en ne suivant pas les règles d’efficacité maximales prescrites par le système de jeu, parce que je préfère faire comme ça et pas autrement.

J’ai besoin de suivre ce rituel observé depuis mon lycée, parce qu’alors je me rappelle tout. Tout ce qui s’est passé depuis.

J’ai besoin de suivre un récit cohérent, j’ai besoin que pour une fois, c’est à moi que l’on raconte. J’ai besoin que ce soit logique, que les gentils s’en prennent plein la gueule mais sachent se défendre.

J’ai besoin de cohérence. Quelques dizaines d’heures devant un écran.

Vendredi 16 octobre

Quelques heures avant la fin du premier round. Mine de rien, un petit miracle s’est produit : les mômes ne se rendent pas tout à fait compte de l’imminence des vacances et sont peu réticents à l’idée de bosser.

3ème Tortipouss. Le plan de classe ne ressemble à rien de connu : À leur tables collées, les gentilles finissent leur rédaction. Les BBB (bébés bad boys) se sont isolés dans un coin pour préparer une activité qui leur sert à rattraper celle durant laquelle ils avaient trop glandé. M., arrivée hier, recopie gentiment son cahier. 
Dans un coin, je projette un extrait de Brazil en expliquant le concept d’absurde aux mômes. Je lève la tête. I., les bras croisés sur les épaules, suit tranquillement mes commentaires. A. développe ses idées que S. note frénétiquement tandis que B. et O. travaillent avec plus de concentration que toute celle qu’ils ont mobilisée depuis le début de l’année. De petites lumières dans la grande salle vitrée. Et une unisson. Ils sont absolument tous à ce qu’ils font. 

Trois heures avant les vacances.

Dernière récréation. Des collègues en vacances depuis quelques heures s’attardent. Pour travailler, pour dire au revoir. Pour qu’on ne se quitte pas tout de suite.

Je quitte Ylisse pour deux semaines, Maze of life dans les oreilles : 

Ce manège nous entraîne si loin !
Parfois tu hésites : partir ou rester ?
Mais ce n’est qu’un début,
Bienvenue dans ce labyrinthe délirant, grouillant de vie.

Jeudi 15 octobre

B. est le nouveau prof de techno. B. vient du monde du lycée professionnel (autant dire pour moi qu’il était l’un des fils de Minas Tirith au Mordor), B. a énormément de recul sur le milieu de l’Éducation Nationale.

Tous les deux, on programme en vingt minutes une sortie scolaire dont la simple pensée me faisait hyperventiler

Si l’année 2015 à Ylisse me fait tant de bien, c’est que j’ai l’impression que chaque collègue ne demande qu’à révéler son lot de trésors, pour peu qu’on prenne le temps de venir le voir.

4 heures sans cours. Je passe le plus clair d’entre eux à essayer de débrouiller avec des collègues et une direction de moins en moins souriante les arcanes de nos VS (ventilation de service : en gros le nombre d’heures durant lesquelles on travaille.) Des heures apparaissent, d’autres disparaissent “parce que si on les compte elles deviennent des heures sup’ et pas des heures postes”. Des options sont créées pour 0,01 heure “pour tromper la machine”. À côté, la maison qui rend fou d’Asterix est un centre de vacances quatre étoiles. 
Cheffe conclut, après une énième vérification “de toutes façons, ce logiciel n’est plus du tout adapté à la réalité du métier d’enseignant.”

Ce logiciel nous fournit la seule preuve tangible de nos états de service.

Le soir. Avec M. et T. je vis une partie de mes années post-bac dévorées par la prépa. J’ai bientôt trois décennies et trois années. Pour conjurer le sort, je fume trois cigarettes. Pour la première fois.

Mercredi 14 octobre

Je me traîne jusqu’à la salle de sport avec une mauvaise volonté digne d’un 5ème. J., le prof de philo qui n’a pas l’opinion la plus haute des profs de collège me demande si je souhaite enseigner dans l’académie de Paris un jour.

“Pourquoi pas. Mais étant donné que les places de prof de lettres modernes sont à peu près aussi rares que les jours sans que Nadine Morano ne me donne envie de stériliser la planète…
– Ben passe l’agrégation de lettres classiques. Il y a plein de places. Et tu fais latin cette année, non ?”

Je le remercie de ses précieux conseils en me retenant très fort de rire, à la pensée d’un jury d’agrégation à qui j’expliquerai que je suis presque à la page 67 du manuel de latin de 3ème et que je me souviens qu’en grec, on dit Alpha et Omega a cause de l’introduction de Xenogears.

Au retour de la séance, entre deux râles, il lâche :
“Ça aide quand même. Ça. Le corps. On est plus. Concrets.”

Concrets. C’est peut-être ce qui m’évite quelques peu les bousculades dans les couloirs cette année. J’ai un corps, je ne le subis plus. Au royaume des purs esprits de la pédagogie, s’incarner est un sacré talent. Note aux futurs profs : se prévoir une séance de torture hebdomadaire à base de squats, pompes et sauts de grenouille. On y gagne en présence ce qu’on y perd en dignité (et vu la dignité qu’on y perd, c’est sans hésiter un investissement qui vaut le coup).

Déjeuner et séance de boulot avec T. Je peux enfin lâcher les paroles de Cheffe que je rumine depuis le conseil pédagogique d’hier soir.

“Désormais, les élèves ont tous un métro d’avance sur nous. On ne peut plus les impressionner par le savoir, il faut leur montrer que ce savoir, comme dans la vraie vie, peut être utile.”

Le savoir. Les yeux des 5èmes quand je leur expliquait la légende des fileuses du Destin, du Fatum, les premières fées. Que le nom secret, le nom de pouvoir de la Fée Morgane est Fata Morgana, et qu’il vient de la nuit des temps.

Le savoir. Le mot honneur lâché au milieu des 3èmes Orphée. C’est quoi l’honneur, pour lequel on se bat, on souffre, on tue, parfois ? Peut-être que le savoir peut le rendre un peu moins terrifiant.

Le savoir. Qui se doit de ployer devant la “vraie vie”. Mais cette “vraie vie”, ce sont nos collégiens qui la dessineront. Avec pour modèle ce que nous leur aurons donné. Un modèle où le “savoir”, marche, docile, au bout de sa laisse. Pas de rébellion. Pas de surprise. 
Ne pas oublier. Qu’une laisse peut être tirée dans les deux sens.

Bibliothèque. La préparation des cours, le terrain de jeu des profs. Pendant quelques heures, nous bâtissons. Assemblons les textes, les images, les concepts. Répartissons les heures. L’ouvrage final a de la gueule, créneaux, mâchicoulis. 
L’ouvrage final. Un grand bâtiment de savoir. Que les mômes parcourront, dans lequel ils courront, même si c’est interdit, où les grandes pièces toutes noires feront un peu peur mais pas trop. Un château qui deviendra le leur. 

Parce qu’ils auront accepté d’être impressionnés. 

Mardi 13 octobre

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“J’ai perdu mes nerfs !”

J’en reste comme deux ronds de flanc. L., outrageusement maquillée, L. dont le langage ferait rougir quatre régiments de la légion étrangère, L., donc, emploie une expression de poitrinaire du XIXe siècle. Elle a “perdu ses nerfs”. Et s’est mise à brailler des amabilités à base de reconversion professionnelle maternelle, parce qu’un môme, par le hublot de la salle 118, lui a fait un doigt. 
Ça devient insupportable. De plus en plus de chiards traînent dans les couloirs. Chose qui n’arrivait jamais l’année dernière. Si ça continue, je crains que…

“C’est le paradis ici !”

C’est quelques instants plus tard, c’est en salle des profs. B. me regarde de ses yeux immenses, encore un peu agrandis par ses lunettes rondes. Je lève un regard incrédule. Elle sourit largement et me raconte, avec un rire poli, les 9 heures qu’elle effectue à Seven Sisters, à quelques kilomètres. En une semaine, elle s’est faite insulter, balancer une trousse à la gueule, agresser verbalement par un parent. 

“C’est pour ça, je me dis, ici c’est tellement bien. Mais je m’en irai quand même.”

B. ne reste jamais longtemps au même poste. Trois ans, pour elle, c’est le maximum. Son statut de contractuelle, naufragée perpétuelle de l’Éducation Nationale lui convient tout à fait. Je la regarde avec trois mille degrés d’admiration dans les pupilles.

“Il faut voir d’autres choses, d’autres façons d’enseigner. Plus de trois ans je ne pourrai pas. Comment tu fais ?”

Je m’apprête à lui raconter, avec une fierté débile, comment je choisis de muter, quand C. débarque, des larmes d’hilarité aux yeux.

“Je suis une mauvaise élève !”

Entre deux hoquets, elle nous explique qu’elle est partie du stage méditation auquel elle participe avec les enseignants de la 6ème “Empathie” (ce qui semble signifier que les autres classes en sont dépourvus… ce qui n’est peut-être pas faux). 

“On est censé manger en silence, regarder notre nourriture, écouter le cri du roulé au jambon…”

Il faut reconnaître que les efforts déployés pour former les enseignants d’Ylisse atteignent parfois d’étranges extrémités. 

13h30 Il y a C., il y a T., il y a moi. Et d’autres, mais pour le moment ça ne compte pas. On discute, tous les trois. Le photographe, le musicien, l’écrivaillon. De ce qu’on crée, des sons qu’il sculpte, des images qu’il capture. C’est un moment très beau, très narcissique, on a les yeux qui brillent. Pendant un quart d’heure, on est des princes. Des fois ça fait du bien de passer une couronne.

Après-midi, je suis censé pousser un ronflon aux 3ème Orphée suite à leur bordel de la veille. J’opte pour la colère froide, c’est encore ce qui réussit le mieux. J’ai les mots abrupts, le regard froid. Je laisse lourdement choir les mots. “Déçu.” “Confiance.” “Malhonnêteté.” 
Regards blessés. Les pupilles d’ados sont très fortes pour ça. J’ignore la vague de culpabilité qui me submerge, tout comme mon envie de me jeter à leurs pieds en hurlant “mais c’est pas graaaaveuh, je vous aime en faaaaiteuh !” et enchaîne sur une activité austère dans un silence de mort. Me sens poisseux.

S. : “Monsieur, ça veut dire quoi dans le texte nictation ?
– Wesh comment tu parles au prof ! Nictation toi-même !”

On rit tous un peu trop fort. S. m’adresse un sourire triste.

Retour dans la voiture de V.. Je tempête à nouveau contre M. qui continue à se la jouer princesse au petit poids.

“En même temps, M. c’est l’une des seules qui n’a pas de problèmes lourds chez elle.
– Oui, ils sont quelques-uns comme ça à Ylisse. Ils font du parkour, ils sortent entre eux… La jeunesse dorée de la cité quoi…
– Dorée mais en plaquée alors.
– Oui, faut passer du coca pour la décaper !”

On rit tous. Un peu trop fort.