Samedi 3 septembre

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Travail en bibliothèque avec E. et T. On abat un travail absolument monstrueux : le plan de travail de nos 3èmes, corpus de textes et évaluations comprises est bouclé en un peu plus de deux heures. 

Nous passons pas mal de temps à débattre sur les écrits que nous aimerions leur faire lire. Plus que les compétences développées, plus que les activités précisément mises en place, ça nous paraît important. 

Et justement

En rentrant, je lis un texte que Marie a posté sur facebook. Marie est quelqu’un que j’admire déraisonnablement. Un de ces êtres de lumière complètement improbables, qui touche tout ce qu’elle fait en or. Ses derniers mots ne font pas exception. Dans ses paragraphes, elle explique à quel point, l’apprentissage de l’intelligence émotionnelle est capital. Et que l’école pourrait y avoir sa part, au-delà des mots lus derrière les tables.

Même si je suis réticent devant le nombre de tâches de plus en plus important demandé à l’École et aux enseignants, je ne peux qu’être d’accord avec elle. Parce que le collège est un moment d’une violence inouïe pour les mômes. Un moment où l’on découvre l’appartenance au groupe, à la hiérarchie, quatre ans où l’on constate que le pouvoir des adultes n’est pas absolu, les règles pas toujours justes ni immuables. 

Et c’est là que le travail fait avec E. et T., dans cette petite médiathèque, prend tout son sens. 

Si nous avons débattus sur les textes que nous désirions faire découvrir aux mômes, c’est que, justement, ils ne sont pas que des “textes à lire” (si tant est que cela existe). Nous avons choisi des tissages de mots qui nous importent, des passerelles vers la maîtrise des mots, de la langue, de l’esprit critique, mais aussi de la beauté et de l’empathie. Deux mots qui semblent bien peu à leur place, bien ridicules dans une salle de classe. Qui fleurent un peu trop fort les bons sentiments.

Mais justement. C’est peut-être pour ça que c’est important, de faire exister ces deux principes là aux côtés des autres. 

Il n’y a plus qu’à espérer que la joie de cette après-midi resurgira devant les mômes d’Ylisse, quand ils déclameront L’homme et la mer, qu’ils joueront une adaptation de Persépolis, ou qu’ils découvriront l’histoire du “Robot qui rêvait”. Qu’on parviendra à faire comprendre aux chiards que ces textes parlent d’eux, qu’ils vont chercher au plus profond de leur vie, et qu’en se tenant la main pour lex explorer, ils se rendront compte que c’est quand même chouette, d’avoir des gens heureux autour de soi.

Il n’y a plus qu’à…

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