Mardi 13 septembre

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Première épreuve de force avec la 3ème Dalek aujourd’hui : travail d’écriture. 

Je l’ai déjà écrit : les cours conçus cette année en commun me donnent une assise nettement plus stable. Les mômes finissent par comprendre que ce que je leur transmets a de la valeur.

Étape suivante : leur faire comprendre que ce qu’ils produisent a de la valeur.

C’est l’épreuve de la première rédaction sur table. 30 minutes à réfléchir sur le sujet, 1h30 à les faire écrire, brouillon + copie finale. 1H30 à passer dans les rangs. À les conseiller, l’un après l’autre. Pointer du doigt les passages perfectibles, bien entendu, ça c’est facile.

Mais surtout refuser. Refuser la suite de mots agencés n’importe comment qui “passeront”. C’est ainsi que la plupart des mômes d’Ylisse composent : en se débarrassant du boulot. En remplissant vaguement un cahier des charges que le prof leur a filé, histoire que ce soit terminé le plus vite possible. Et parce que c’est plus simple pour tout le monde comme ça, parce que je déteste ces moments où je marche dans les rangs à reprendre inlassablement les mêmes erreurs, parce qu’il faut avancer dans le cours, ça fait huit ans que je l’accepte.

Pas cette année.

Je me déplace de l’un à l’autre. Bannir le “c’est bien”, le “hmm hmm” et le “relisez-vous”. Pointer des endroits précis, ne pas lâcher tant que ce n’est pas correct, au sens premier du terme.. Exiger mieux de la part de tout le monde. Proposer des façons précises et concrètes d’améliorer le texte. 1h30 à transpirer sous la chaleur moite de la salle 131. À exiger un effort constant. À demander que ce texte ait un intérêt. Quelque chose d’unique. 

Cette année, les gamins ne se tireront pas comme ça de leurs travaux. Monsieur Vivi m’a dit, quelques heures plus tôt, qu’il avait été heureux du dernier cours avec sa classe, parce qu’il avait pu les féliciter sincèrement, pour la qualité du travail fourni, et pas uniquement pour acheter la paix sociale.
Je refuse de me lancer dans les compliments :. B. ne récoltera pas de sourire parce qu’elle a daigné se mettre au travail, ou R. parce qu’il tente, pour une fois, de mettre le nez sur le sujet. Je me suis renseigné sur leurs difficultés, je sais ce qu’ils sont capables de faire, chacun. Et ils vont le donner. Chacun au maximum de leurs compétences.

Cette année, je ne brade pas l’admiration que je veux leur porter.

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