Mardi 29 janvier

“M. Samovar va vous expliquer ce que ça veut dire, culte.”

Culte. Ce matin, les troisièmes Glee ont puissamment découvert le concept.

En entamant la lecture du débat entre Créon et Antigone, tout d’abord. Parce qu’en troisième, si on ne lit pas Antigone, j’ai peur qu’on passe à côté de quelque chose. Alors je le fais étudier chaque année ou presque. Et l’écho que j’en ai sur twitter le prouve : c’est une rencontre qui a marqué. Les troisièmes Glee ne font pas exception. 

“Elle a l’air de vivre pour de beaux fantômes, et lui pour des vivants pas très intéressants.”, souffle Flik pendant qu’il déchiffre la page, le nez à deux centimètres des lettres (il faut que je pense à lui dire de changer de lunettes). 

Antigone danse, tous les ans. Et chaque élève ou presque en saisira une arabesque, un entrechat ou, parfois, tout le ballet. Et c’est souvent à ce moment qu’ils saisissent l’importance de lire. De lire vraiment, je veux dire. La révolte qui explose, l’indignation des uns, l’empathie des autres n’est accessible que si, enfin, après trois ans et demi de collège, on prend le temps de lire, en silence, juste pour soi. Pas forcément pour la note, le prof ou la classe. 

Juste accepter que les livres ne sont plus nos adversaires.

Culte. David Bowie. “Heroes” conclura le dernier spectacle qu’ils joueront dans ce collège. La fin de leur parcours musical ici. Qu’ils poursuivront, peut-être. Les envoyer, avec les chansons de l’homme aux mille visages, vers le futur, sur des notes qu’ils déchiffrent, qu’ils connaissent, sans savoir d’où. 

La fin, déjà, qui s’approche. Et nous, qui leur remplissons les poches de lumière à en éclairer le chemin qui reste.

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