
Hier, heure très chiante et très satisfaisante avec les troisièmes Glee.
Nous sommes en train de dégrossir certaines scènes de leur spectacle de fin d’année (qui a lieu dans un mois et dont nous n’avons pas encore répété l’ensemble, tout va très très bieeeeeen).
Et il n’y a rien de plus pénible pour eux.
Une partie est condamnée à attendre assise sur les sièges des spectateurs, tandis que les comédiens en scène ne cessent d’être interrompus par les injonctions de leurs camarades (ou les miennes), faisant de la répétition un patchwork éminemment frustrant. Les feuilles de textes – ils ne les connaissent pas encore – s’éparpillent, l’attention doit sans cesse être recadrée.
Et pourtant, ils sortiront enchantés de la salle. Parce qu’à la fin, nous avons filé les quatre scènes à peu près en place, et que “ça rend bien !”
À nouveau, ces mômes n’ont rien d’exceptionnel. Mais ils ont eu la chance, pendant quatre ans, de se consacrer à des projets, à des travaux dans lesquels ils trouvent une gratification profonde : “on va raconter le XXe siècle en chansons, c’est pas taré, ça ?” vient me dire Tir à la fin de l’heure, comme s’il m’apprenait une grande nouvelle.
Le laborieux. Cet aspect tellement compliqué à gérer de notre boulot. Ces moments où on supplie aux élèves de nous faire confiance, où nous avons besoin de toute notre force de persuasion, parce que nous savons – ou espérons – que les tâches frustrantes qu’ils accomplissent servent un but qui les satisfera.
Les troisièmes Glee ont la chance d’en récolter les fruits rapidement, et d’accueillir ces moments de frustration, sinon avec bonheur, du moins avec patience. Et ils m’auront appris à essayer d’en offrir autant aux autres classes.