
Fin de journée exécrable : je ressors absolument furieux, en raison d’une réunion qui a sapé ce qui me restait de patience, après une longue journée.
Je suis comme l’héroïne de La Mélodie du Bonheur (que je n’ai toujours pas vue) et je m’en tape. Dans ces moments-là, où je n’ai plus la force de chercher profondément ce qui me fait faire ce boulot, je me raccroche aux dérisoires parcelles de beau, que je croise au quotidien.
Pendant les oraux du brevet, il y avait cette élève qui est arrivée avec une dizaine de page de notes. À plusieurs moments, elle a fouillé dedans, elle les a fait tomber, elle s’est perdue. Et une fois qu’elle a trouvé la bonne feuille, elle a continué son exposé en la serrant contre elle, sans jamais la regarder.
Il y avait aussi cette autre élève, brillante, qui a passé tout son oral une paillette dorée sur le bout du nez, alors qu’elle parlait de façon passionnée du tribunal de grande instance.
La troisièmes Glee a les seconds prénoms les plus magiques du monde. Dans les états civils de mes élèves, il y a des Divines, des Princes, des Alphas, des Amours et même Leeloo. Et c’est merveilleux.
Avec T., on est rentré en RER. Il m’a dit que je lui manquais. Et c’est pareil pour moi. Et puis soudain on s’est rendu compte qu’on parlait du futur, si j’ai ma mutation. Je crois qu’il n’y a qu’avec T. qu’on peut discuter, tout temps aboli.
Sur les myriades de feuilles de préparation de cette réunion à la bouse, C., la prof d’art plastique, a dessiné des liserés bleu foncé autour du bleu ciel de ses lettres. Je ne comprends pas pourquoi, ça me donne beaucoup de force.
Dans le doute, toujours se raccrocher au beau.