Jeudi 28 mai

Nouvel après-midi passé à appeler l’intégralité des élèves de quatrième Avaltout. Pour leur poser, sur les demandes de la direction, cette question : reviendrez-vous au collège lors de sa réouverture (réouverture toute relative pour nous, citoyens de la zone orange…) ?

Encore une fois, passer du temps à se présenter, le plus clairement possible ; tenter de mettre dans sa voix les graves rassurants ; ne pas bafouiller quand les parents te demandent “mais vous feriez quoi, vous, à ma place ?” Appeler le grand frère, que tu as eu en classe, pour qu’il prévienne ses parents que le numéro inconnu qu’ils voient s’afficher est digne de confiance.

Et apprendre quelques instants après avoir terminé que, finalement, ce retour sera peut-être hypothétique. Nous vivons désormais dans ce monde, un monde dans lequel nous apprenons tous ensemble comment se déroule notre métier, réunis devant le grand feuilleton national.

Je sens depuis quelques jours une vague de lassitude m’envahir. Et je n’ai pas envie d’y succomber, je sais que si je me laisse porter, que je baisse le rythme que j’ai imprimé à ces classes à distance, les deux tiers qui s’accrochent en corps se laisseront eux aussi sombrer.

Chaque jour, donner du sens devient un peu plus compliqué. Mais bon, on tient. C’est le métier.

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