Vendredi 2 février

« Un début est un moment extrêmement délicat. »

D’une princesse à l’autre. Le commentaire d’Irulan, qui ouvre Dune, s’applique tellement à ce cours sur Phèdre, avec les secondes. Vertige total en leur présentant la première scène cet après-midi. Lorsque je leur dis que je suis comme eux, ça n’est pas une coquetterie ou de la flagornerie : moi aussi, c’est alexandrins impeccablement interminables me flanquent le vertige, moi aussi j’ai presque la nausée à me dire qu’il va falloir s’enquiller ces mots d’une complexité folle.

La seule différence entre eux et moi est que je sais ce qu’il y a de l’autre côté de la colline. Qu’il y a, dans cette intrigue poussiéreuse et ces sentiments verbeux, une beauté et une pureté à couper le souffle. Que ces vers qui semblent réservés à une élite, ils sont à tout le monde. Et c’est à cette foi que je dois me raccrocher. La première scène. Après la première scène, tout ira mieux. Le miracle se reproduit à chaque fois. Mais il faut traverser cette exposition, voir les élèves rétifs, déployer toute sa conviction pour défendre la cause d’Hippolyte et Théramène.
Ce sont les cours dont je sors le plus épuisé.

Mais c’est essentiel.

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