
Valère a encore une fois levé la tête à ma blague. Comme à chaque fois.
Valère capte toutes mes références. À Stendhal, à Achille Talon, à Maryse Condé, à Youn Sun Nah. Valère sourit en douce à toutes mes blagues.
Et moi à toutes les siennes.
Pourtant, Valère ne reste jamais à la fin d’un cours, il lève très rarement la main, il ne demande presque pas d’aide. Et lorsqu’il le fait, il n’y a absolument aucun affect. Mais aucune froideur non plus. Valère est bien dans ses baskets, en tout cas pendant les heures de français, en tout cas il a l’air.
Que ce soit quand il rend ses devoirs, toujours à l’heure, toujours solides, jamais excellents. Quand il aide ses camarades. Ou quand il me balance une micro-référence à Baldur’s Gate 3.
On n’a jamais parlé autre chose que de boulot. Comme il sied. Et ce sera sans doute ça jusqu’à la fin de l’année. Mais savoir qu’il est là, dans mon angle mort, c’est tout simplement merveilleux.