Mardi 6 février

Le souci avec Daria, c’est que je n’ai aucun problème avec elle.

Daria est ce genre d’élève qui me donne envie de glousser de joie quand je l’ai en cours. Ce n’est pas pour rien si je lui ai collé ce pseudonyme : un cynisme ravageur et une maturité bien au-dessus de son âge. Daria comprend vite, prend souvent en cours le contrepied de ce que je raconte, mais toujours avec finesse et intelligence. Je suis raide dingue keur keur de cette môme.

Sauf que.

Sauf qu’ailleurs, Daria ne joue pas le jeu. Elle bosse peu, oublie ses affaires, et a même poussé le je-m’en-foutisme jusqu’à oublier de rendre son rapport de stage en entreprise. Bref elle déconne autant que des mômes décrocheurs.

Je ne m’explique pas cette dualité. Et je n’ai pas envie de l’explorer. Parce que pour une fois, j’aimerais juste profiter des bonnes dispositions d’une élève sans qu’il y ait derrière un prix à payer.

Et pourtant, un petit Jiminy continue à me souffler que, peut-être, c’est un peu égoïste. Que, peut-être, je pourrais l’amener à “étendre ses efforts à toutes les matières”, pour reprendre l’expression que je déteste et que je colle à un bulletin sur quatre aux conseils de classe.

Dilemme…

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