Dimanche 30 avril

Et le dimanche on s’évade. 

C’est naïf. Mais la série de jeux vidéo Persona fait partie de ma vie. Avec Persona 2, le premier que j’ai découvert, je me suis aperçu que les adultes aussi pouvaient être des héros de jeux vidéo, et que l’écriture sur ce support pouvait être belle, exigeante et de qualité.

Avec Persona 3, j’ai expérimenté l’identification à un personnage comme jamais sur écran. J’ai rencontré deux êtres humains splendides. Je me suis mis aux tarots.

Persona 4 a immensément nourri mon imaginaire et m’a permis de pratiquer ce que j’appelle “ma petite auto-thérapie”, qui continue de me faire un bien souverain et dont je parlerai quand je serai assez bourré. Et l’arythmique complet que je suis a, sans honte, trouvé le sens du tempo sur un jeu de danse dérivé de cet épisode.

J’ai attendu Persona 5, vraiment, sans hyperbole, comme un rendez-vous amoureux. Et je n’ai pas été déçu.

Persona 5. Un groupe de jeunes gens qui se découvre la capacité d’entrer dans un univers dans lequel les désirs de personnes peu recommandables prend la forme de “Palais”, constructions géantes et délirantes, dans lesquelles ils vont s’introduire et dérober le trésor, un objet qui symbolise la racine de ce délire mégalomane. 
Pour faire face aux ombres qui arpentent ces Palais, nos héros disposent du pouvoir des Personae, incarnation de leur personnalité la plus profonde, capable de se manifester pour leur porter secours. C’est ainsi que Ryuji, l’électron libre, se retrouve capable d’invoquer un fantôme ayant les traits du Capitaine Kidd, Anne l’aspirante comédienne appelle Carmen et Morgana, étrange créature issue du monde parallèle appelle Zorro à son secours.

Mais cela n’est qu’une facette de l’aventure. Car en journée, le personnage principal devra vivre une vie d’étudiant ordinaire. Étudier, sortir, rencontrer d’autres personnes… Car la puissance qu’il déploie dans les Palais est liée aux liens qu’il tisse avec d’autres. Plus ses amitiés seront fortes, plus fortes seront ses chances de survivre dans ces palais dans lesquels il s’infiltre à grand renfort d’effets des plus stylés (la direction artistique du jeu est une grande réussite).

Persona 5 jubile. Parce qu’il a corrigé les lourdeurs des jeux précédents, sans en abandonner ce qui en constitue la complexité. Gérer ses journées, entre lycée et créatures cauchemardesque et un numéro de jonglage que l’on effectue avec joie.

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Mais surtout, Persona 5, sous ses dehors naïf, est une histoire magnifiquement racontée. Dès les premières minutes, le héros est kidnappé et transporté devant un procureur à qui il raconte son histoire. Petit à petit, la jeune femme, incrédule et moqueuse, accepte les codes incongrus de la vie de son suspect. Commence à comprendre, à s’attacher. À ne plus considérer cette intrigue comme grotesque. Et il y a ce moment touchant, d’une lucidité qui n’existe que dans les histoires, vers la fin. Où l’un des membres de la petite bande explique qu’ils “confient aux adultes un monde que les enfants ont sauvé.” 

Tout Persona 5 se trouve dans cette scène. Cette invitation non pas à faire semblant d’incarner un lycéen japonais de fiction – ce serait grotesque et impossible – mais à le regarder, à le guider. À comprendre ce qu’il peut nous importer, lui et ses amis, durant son épopée. 

Samedi 29 avril

Ce week-end, je rentre avec sous le bras un paquet de copies du brevet blanc à corriger. 

Je hais les correction de copies.

Et je hais le brevet blanc.

Où plutôt, je hais l’usage que j’ai tendance à en faire : “Attention, écoutez bien, c’est important pour le brevet ! / Si vous ne revoyez pas ça, dites au revoir au brevet.  / Le brevet blanc c’est demain alors ON LA FERME !”

La fatigue et la fin de l’année aidant, j’ai tendance à me servir de cet examen comme d’un aiguillon pour mener les mômes où je le souhaite. Triple erreur :

– Pour moi, qui emprunte une solution de facilité.

– Pour les mômes, qui finissent par voir dans cet examen, souvent le premier de leur existence, une sorte d’épée de Damoclès médiocre, conception des examens qui les poursuivra toute leur vie.

– Pour le brevet en lui-même, qui ne mérite pas tout cet affect. C’est un examen. Légitime. Simple. Essentiel dans la formation des mômes.

Pour redonner ses lettres de noblesse au brevet – et il en a bien besoin – va falloir que je solde ma paresse…

Vendredi 28 avril

Je ne crois pas qu’A. soit une très bonne personne.

La phrase s’est détachée, très pure et très froide, du magma informe de mes pensées. Comme à chaque fois – rarement – que j’ai une certitude.

Des élèves ayant des comportements limites (j’aimerais dire “borderline” parce que je trouve ce mot classe, mais on me signale dans l’oreillette que je ne suis pas un étudiant de sociologie), j’en ai fréquenté une tripotée. Et cette année, j’en vois énormément. E. et son côté racaillou-bourrin, Amidala, incapable de se comporter comme une élève, S., qui considère que le collège ne la concerne absolument plus…

Mais tous ces élèves sont sauvés par ce que j’appelle les trouées. De temps en temps, à la faveur du hasard, d’une activité ou d’un écrit, surgit une autre facette de leur personnalité. Ils vont de montrer passionnés, révoltés ou impliqués. Il vont rire ou prendre ce que l’on fait au sérieux. 
Je ne crois pas que ces moments montrent leur “vrai” moi. L’être humain est composite. Mais il montre que la communication est possible, que ces adultes en devenir ont le potentiel de changer, d’interroger le monde et les choix qu’ils font.

Ce qui n’est pas le cas d’A. Qui n’est pourtant qu’en 6ème.

Depuis que je suis son prof, je ne l’ai absolument pas vu changer. 

A. aime être apprêté. Il accorde un soin tout particulier à sa tenue et sa coiffure. 
A. aime être apprécié. Il se cherche sans cesse dans le regard des autres.

Et surtout, A. aime être admiré. Pas être le meilleur, mais qu’on lui dise qu’il est le meilleur. Meilleur élève, meilleur musicien – il est en Glee – meilleur sportif. Il parlera toujours aux enseignants d’une voix obséquieuse, même lorsqu’il les interrompt sans le moindre respect. Il cherchera toujours à étaler son savoir, ses connaissances. Mais de son intelligence, qui est indéniable, il fait un outil de conquête, d’exclusion du monde.

J’ai essayé de le lui expliquer, en termes simples. Monsieur Vivi et ses autres profs aussi. Qu’il faut se mettre au service du groupe. Qu’il faut changer d’attitude, que le fait qu’on ne lui réponde pas tout de suite ne signifie pas qu’une conspiration internationale a été lancée à son encontre. Et surtout qu’il va finir, par son comportement, par être nocif pour lui et pour les autres.

Peine perdue. Tout ce qu’on lui dit lui glisse dessus. A. est très content de qui il est et refuse de changer quelque aspect de sa personnalité que ce soit. A. est invincible dans son auto-satisfaction et son désir de blesser les autres à coups de petites phrases assassines et humiliantes.

Jusqu’à tout à l’heure.

On écrit une scène de théâtre pour le spectacle de fin d’année. Un groupe d’enfant fait passer un casting pour un film amateur sur les indiens ; on cherche une scène comique à intégrer dedans. A. lève la main et de sa voix la plus assurée propose qu’un aspirant comédien habillé en footballeur arrive et fasse un numéro de jongle.

“Ce serait rigolo, monsieur, il se sera trompé de casting.”

Je le regarde, nos yeux se croisent, il sait que j’ai compris. Que ce serait la joie absolue pour lui. Effectuer des figures au ballon sur une scène devant sept cent personnes.

“Oui..iii… On verra. Par contre, ce numéro durera dix secondes. Nous sommes d’accord qu’il ne s’agit que d’un moyen de rendre le spectacle meilleur.
– Bien sûr monsieur ! Et pour le rôle…
– … On verra qui le fera. Vous, A. ou S., ou M…”

Récréation. Y., le CPE, blême de colère, me ramène A. Qui s’apprêtait à se tabasser avec S. pour obtenir le fameux rôle. Savon simultané, de la part de Y., Monsieur Vivi et moi. A. reste imperturbable. Jusqu’au moment où je sors ce qui me semble relever du bon sens : 

“Il va de soi que dans ce cas, ce numéro n’aura pas lieu.”

A. se met à pleurer. Je n’ai jamais vu A. pleurer. Même quand j’ai rendu un bulletin désastreux à sa mère, ou quand je lui ai expliqué que sa place dans le projet Glee était compromise. Tout ça il s’en fout. Mais ce moment. Son moment. Le lui annuler, comme ça, d’une phrase, c’est inadmissible. 

J’ai peur. J’ai peur que ma certitude se vérifie. Qu’A., môme de douze ans, soit déjà sclérosé, comme un adulte, guindé dans son armure de certitudes et de valeurs pétées. Je donnerai beaucoup, énormément, pour me tromper.

Jeudi 27 avril

Photo par C.

Soirée dans un bar à Paris, où C. expose ses photos. C’est un moment très doux, parce qu’il est inattendu, et c’est beaucoup, beaucoup plus facile de voir les êtres humains derrière les profs. De s’apercevoir de leurs talents : photographe, auteur, coureur, ou tout simplement terriblement gentil.

Pendant une soirée, il s’agit juste de regarder. De reconnaître le beau.

Mercredi 26 avril

Matinée de travail avec Monsieur Vivi. C’est frénétique et serein, comme toujours. Nous préparons les spectacles des sections Glee et, bien sûr, parlons énormément des élèves. Monsieur Vivi a une passion, une vraie, pour le métier et je ne connais personne doté d’une capacité d’observation des élèves aussi fine que la sienne. Nous évoquons entre autres les classes qui décident, parfois presque arbitrairement, de foutre le dawa dans le cours d’un prof précis.

“Ils cherchent à exprimer leur potentiel de révolte, leur opposition, fait Monsieur Vivi, avec, comme toujours, son beau rire un peu étonné. S’ils n’osent pas s’opposer à leurs parents ou se rendent compte que tel ou tel prof n’est pas accessible, de par sa personnalité ou sa place dans un groupe, ils s’en prendront à un autre. Et ce n’est pas une condamnation c’est presque… Tu es presque élu !

Et tu dois être le plus rigoureux. Donner les punitions, appeler les parents. Leur montrer que le monde a un sens, quoi !”

Leur montrer que le monde a un sens. Il n’y a que Monsieur Vivi pour énoncer ce genre de missions sacrées avec autant de pragmatisme et d’humilité. 

Mardi 25 avril

J. est dyslexique. J. est totalement foutraque, J. a aussi un peu de mal à s’exprimer. J. est un adolescent flinguette que les trois quart de la troisième Dalek pourrait écrabouiller en lui soufflant dessus.

Seulement aujourd’hui, J. est Créon.

Il est le seul, le gamin à la moyenne peu reluisante, à avoir appris sa tirade. À essayer, même, d’aller un peu plus loin. Il a un timbre de voix que je connais trop bien : un peu trop haut dans la poitrine. Elle ne sera jamais profonde et impressionnante. Il se fera parfois un peu mal en forçant dessus. Je le sais, j’ai le même. Mais il sera capable d’incarner, dans ce déséquilibre de la voix, qui il souhaitera, s’il s’en donne les moyens.

De fait. il est aujourd’hui, devant ses camarades, le tyran de Thèbes. Et s’il a commencé les yeux baissés, il relève la tête, à mi-parcours, et promène son regard sur ceux qui ne le voient jamais. Tous se sont tus. Et écoutent l’empereur furieux expliquer ses lois à une jeune entêtées.

Aujourd’hui, J. découvre la toute-puissance, carmen, carminis, du langage.

Lundi 24 avril

Arrivée à 9h environ, ce qui est un record de farniente me concernant. Comme tous les lundis, je suis persuadé que cette matinée passée au bahut sans avoir cours va me permettre de m’avancer de ouf dans mon travail, comme tous les lundis, je m’illusionne gravement.

Ça commence par le RER. Non pas le mien, qui a eu la gentillesse d’arriver à l’heure, mais par celui de T., un sanglier ayant probablement décidé de danser une macarena sauvage sur les voies. Bilan : un retard pour tous les usagers, et la 5ème Glee au bord de la fusion nucléaire que personne ne juge bon de surveiller. What the hell, je fais entrer la troupe dans la salle et improvise un numéro de claquettes pédagogiques (”ahum ahum, Monsieur T. a un contretemps mais c’était bien sûr prévu, du coup je dois vous faire faire le… l’activité prévue… que vous allez tout de suite m’expliquer bien entendu !)
Les mômes sont d’un bon naturel et font semblant de me prendre pour leur prof jusqu’à l’arrivée de T. qui, comme à son habitude, injecte immédiatement une dose de calme et de sérieux à ce début de cours improvisé. 

Je me sauve et tombe sur Monsieur Vivi. Et c’est comme toujours génial. On continue à bosser, plein d’exaltation et de crainte – surtout pour lui – sur les spectacles de fin d’année des 6èmes et 5èmes Glee. Encore un peu d’euphorie, et je lui avouerai que mon plan machiavélique consiste à le capturer, lui et ses classes, pour monter Wicked à Ylisse, nous faire repérer par Idina Menzel, et partir en tournée internationale. 

Récréation. Un nouveau collègue d’espagnol. Comme à l’habitude, nous sommes tous prêts à l’accueillir. Prévenants. Et prêts à le renseigner. Trop prêts, sans doute. M. cligne des yeux et vacille très légèrement devant la dose d’informations, l’emploi du temps, les salles, la clé, le code Pronote, les élèves ULIS, tu penseras à ta carte de cantine ? Accueillir les nouveaux sans les noyer sous l’usine à gaz de l’Éducation Nationale en général et du Collège Ylisse en particulier. Pas évident.

Avec tout ça, j’en suis arrivé à mes heures de cours. Face aux Daleks, une fois encore. Qui ont décidé de se révolter. Pas un seul, pensé-je d’abord, n’a appris la tirade d’Antigone que j’avais eu l’outrecuidance de leur demander de mémoriser. “Bah non, c’est trop long.” “Non, j’ai pas fait.” Un refus unanime, violent et massif. J.et M. me regardent. Ils ont appris. Ils n’osent pas le dire. Écrasés eux aussi par le nombre. 
Conflit quasi-ouvert. Je ne me démonte pas. J’en interroge cinq, cinq échecs. Cinq zéro en attendant qu’ils récitent. Ils ont dix jours pour repasser. Je prends une inspiration. Je sens quasiment la délectation à la perspective de l’engueulade qu’ils vont prendre.

“Fiches d’exercices, vous avez le brevet blanc cette semaine.”

Je ne déssererai les dents que pour donner quelques autres consignes. Je suis pâle de colère, plus blanc encore que d’habitude. Ça inspire joliment E. “Monsieur, je peux aller emprunter un blanc ? Je suis noir, et les noirs, ça achète pas les blancs, c’est le contraire.” 
D’habitude, on se rejoint là-dessus ; sur cette défiance qu’il a face à ses profs hommes, babtous. Je hausse les épaules. Comme au théâtre, jusqu’au bout du geste. Ça la lui coupe, dis donc. Que, pour une fois, ce soit moi qui refuse d’aller vers eux. 
Fin du cours. Je n’ai pas décoléré, j’efface le tableau, dents serrés, les gamins quittent le cours dans un silence maussade. J. et M. viennent me trouver. Me posent des questions sur le brevet et sur l’oral. Je réponds de façon concise. Et puis d’un coup, J., qui n’est jamais dans l’affect. 
“Merci monsieur, je progresse, cette année.”

“Je n’ai pas été juste”, dirai-je à Monsieur Vivi qui a connu une expérience similaire avec les 3èmes A(pocalypse). “Ça aurait dû me suffire pour aller mieux. Mais j’en ai marre de devoir n’être validé que par ma certitude que je leur apporte ce qu’il faut. “

Il y en a peu, des boulots, dans lesquels ton investissement ne sera jamais reçu deux fois de la même façon par les mêmes personnes. Et c’est fatigant. 

Mais demain, peut-être, seront-ils tous au taquet. Ou la fois d’après. Je relève la tête, regarde demain droit dans les yeux. Et tente de faire du beau.

Dimanche 23 avril

Et le dimanche on s’évade.

Ce soir, j’éprouve un étrange réconfort en réécoutant le tout premier album que j’ai acheté pour moi. Mon émancipation musicale.

Samedi 22 avril

Au collège Ylisse, je suis représentant du personnel.

C’est une fonction étrange. Je suis partagé entre l’envie de conseiller à tout le monde de s’y consacrer, et de fuir cette charge comme la peste.

Parce que se faire lien entre les différents collègues, la direction et l’extérieur, c’est se rendre compte à quel point un collège, comme tant d’autres structures, est le lieu d’aspirations contradictoires. Que finalement, Cheffe a une raisons parfaitement rationnelle et humaine de nous faire un reproche quant à nos délais de corrections. Que notre retard est tout aussi logique et cohérent si on prend en compte trois autres obligations auxquelles nous sommes soumis.

Être représentant du personnel, c’est se pencher d’un peu plus près sur les dizaines d’histoires individuelles qui parsèment le bahut. Se rappeler qu’être “juste” professeur, CPE ou AED n’est pas possible. Que l’on est avant tout ce noeud de contradictions que l’on appelle un être humain et que ces créatures complexes, magnifiques et illogiques, doivent réussir à coexister pour assurer le bien être de centaines de créatures encre plus complexes, magnifiques et illogiques que l’on appelle des élèves.

“Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons.” faisait dire Jean Renoir à l’un de ses personnages, Octave.

Belle illustration. 

Vendredi 21 avril

Cours avec les 3èmes A(pocalypse), et confirmation du fait que trop chercher la cohérence ne sert pas à grand-chose : cette classe bordélique en diable, dans laquelle il faut se montrer hyper désagréable pour entamer le cours dans de bonnes conditions se fait brusquement silencieuse, respectueuse. Tandis que, sûrs d’eux ou terrorisés, d’une voix fluide ou cassée, des mômes se succèdent pour réciter une tirade de Créon. Pas un ricanement quand l’hésitation pointe, et des applaudissements sincères. 

Le jeu est de qualité, et les élèves sourient en retournant à leur place. Je sais que le même exercice, lundi avec les Daleks, se passera beaucoup moins bien. Pourquoi ? Comment ? Peut-être en est-on à cette période de l’année où il ne faut plus trop chercher à comprendre et théoriser, mais juste faire. Les élèves ont déjà presque tous choisi leur rôle et leur positionnement. Nous ne pouvons qu’être profs désormais, pendant cette poignée de semaines à venir, pour reprendre l’expression de  V.

Je rentre chez moi attristé par un truc idiot. Comme souvent dans ce cas, mes pensées sont confuses et mes membres lourds. J’envisage de ne pas écrire. À peine une seconde. Dérouler en mot le collège Ylisse est devenu une sorte de devoir, de cérémonie bizarre dont je cherche moi-même le sens. Un reflet du boulot en somme.